Bulletin 10 – Enigmes

ENIGME 5 (réponse en bas de page)

Le 31 mai 1885, le conseil municipal de Talence envisage d’utiliser un tombelier. En quoi consiste ce métier ?

ENIGME 6 (réponse en bas de page)

Au début du XXème siècle, une rue de Talence porte le nom de « rue du Pont Projeté ». Bien que débaptisée depuis 1912, notre historien Maurice Ferrus, se demande encore en 1926, dans son histoire de Talence, pourquoi ce nom bizarre ?

Quel était ce pont ?



































































































Réponse à l’énigme 5

Par décision du conseil municipal, il est autorisé de prendre un tombelier pour assurer l’enlèvement des détritus ménager durant les chaleurs. Bien que cette mesure soit restrictive en se limitant aux « chaleurs », c’est un grand pas de fait pour  la propreté de nos rues. Le tombelier est tout simplement le conducteur d’un tombereau, véhicule d’une capacité d’un mètre-cube, tracté par un ou deux chevaux. Quant aux « détritus ménagers », à Talence, comme dans tout le Bordelais, on les appelle les « bourriers ».

enigme 5

Un tombelier au début du XXème siècle.
D’après une carte postale ancienne.

 

Réponse à l’énigme 6

Lors des délibérations du  conseil  municipal du 5 novembre 1899, est évoquée une pétition qui circule pour demander la construction d’un pont carrossable pour faciliter les communications du chemin de Pessac avec le centre de la commune.

Ce pont est envisagé à partir du domaine de Brana  (chemin  Roustaing),  dont  la  propriétaire est Mme Villesuzanne. Elle est d’accord pour céder gratuitement le terrain nécessaire en prolongement du chemin Louise. Le conseiller Ernest Dubos, proteste énergiquement contre ce projet à cause de son prix.

enigme 6Toutefois le projet demeure. D’autre part, une solution moins onéreuse voit le jour. Suite à la construction, à Bordeaux, d’un pont reliant le cours Saint-Jean aux Terres de Bordes, la passerelle existante est supprimée. Une partie va être réutilisée à Agen, mais il en reste suffisamment pour enjamber notre voie ferrée. Talence demande à la Compagnie du Midi de nous en faire la cession. Les démarches et travaux vont vite et c’est ainsi qu’une passerelle pour piéton, au lieu-dit Prince-Noir, est ouverte à la circulation le 22 août 1900.

Le projet de pont n’est pas pour autant abandonné, la passerelle ne réglant pas totalement le problème. Une nouvelle voie ayant été créée au nord de la voie ferrée, les riverains la baptisent « rue du Pont-Projeté », du fait qu’elle se trouve à peu-près en face du chemin Louise. Sur  un  plan  de  1907 elle est seulement mentionnée « Ch. du Pont ». Ce n’est que le 3 août 1912 que le conseil municipal décidera de remplacer son nom par celui de « rue Henri-Brisson ».

Mais il semble que cette dénomination ne fut pas très bien acceptée, puisque quatorze ans plus tard, Maurice Ferrus écrit, au présent : « Certaines voies portent des noms de propriétaires. Une autre a un nom bizarre : c’est la rue du Pont-projeté. »