Bulletin 07 – Le château du Prince Noir peint par Louis Billiard

Dans les années 1930, le peintre Louis BILLIARD est amené à peindre plusieurs parties du château du Prince Noir à Talence. Il vient dans le quartier car une de ses cousines habite à l’époque chemin Roustaing. Les enfants de cette dernière ont  pu ainsi nous faire profiter de ces peintures exécutées sur bois.

Louis BILLIARD, fils de Victor BILLIARD peintre lui-même, est né à Caen le 12 mai 1864 et mort à Bordeaux le 13 décembre 1952. Il est mentionné au « Bénézit » (1) comme aquarelliste ayant laissé des vues de Palestine, d’Égypte, du Sénégal et du Brésil. Il a été l’élève de CABANEL (1823-1889, artiste officiel et académicien) et de CORMON (1845-1924, professeur à l’École Nationale des Beaux-Arts de Paris).

Il débute sa carrière de peintre alors qu’il est militaire, engagé pour cinq ans à partir de 1884. En effet, sur ordre du général BOULANGER, il est désigné en 1886 pour exécuter des tableaux dans la salle d’honneur des officiers du 20e bataillon de chasseurs à pied de Versailles ainsi qu’aux 4e et 46e régiments d’infanterie. Il est ensuite détaché en 1887 au Ministère de la Guerre pour y faire des copies d’aquarelles de batailles.

Libéré de ses obligations militaires il effectue des missions en Palestine (1889-91) et au Brésil (1892) d’où il.ramène de nombreuses toiles. Il entre ensuite à la compagnie du Chemin de Fer de l’Ouest comme dessinateur-peintre. Puis au début des années 1900 il travaille pour la compagnie Générale Transatlantique du Havre qui lui fait réaliser des vues décoratives pour ses salles d’attente.

En 1910 lui est confié un quasi-reportage sur la prison de femmes de Saint Lazare à Paris. En effet cette prison est vouée  à la démolition et l’État veut en conserver des traces vivantes. C’est ainsi que Louis BILLIARD signe une collection de 90 peintures et 18 dessins des bâtiments et des prisonnières. En particulier on peut citer la représentation de la cloche d’argent, donnée à Saint-Vincent-de-Paul par Anne d’Autriche, qui dénote une grande sûreté d’observation .

Par ailleurs il assure comme professeur de dessin, des cours du soir au lycée Condorcet à Paris et le dimanche matin des cours de peinture sur nature et perspective. Ses activités sont malheureusement interrompues en 1914 où il se rengage, à l’âge de cinquante ans, pour la durée de la guerre. En 1918 il reprend toutes ses fonctions antérieures jusqu’en 1923, date à laquelle il décide de quitter Paris pour Bordeaux.

Il s’installe 9 quai des Salinières. Dès son arrivée il exécute une aquarelle du pavillon de l’Afrique Occidentale Française à la foire de Bordeaux de 1923, aquarelle parue dans le n° 56 (hiver 2006) de la revue trimestrielle « Le Festin » et en possession du Musée d’Aquitaine. Il devient vice-président de la société d’Art et de Décoration de Bordeaux et au salon de 1934 il présente 11 toiles, résultat d’un voyage sur la Côte d’Azur. Connu et reconnu, on lui commande différents travaux comme le tableau de la Vierge vénérée par les Japonais catholiques, à l’occasion du congrès marial de Lourdes de 1930. En outre il peint la Garonne  et  ses bateaux, Bordeaux  et  ses  rues typiques, les gens du voyage et leurs roulottes, la Gironde et ses monuments ; c’est ainsi qu’il s’intéresse, à Talence, aux châteaux du Prince Noir et de Thouars.

Il continue de peindre jusqu’à un âge avancé et son œuvre est relativement importante. Il s’éteint à Bordeaux au mois de décembre 1952 à 88 ans. Ancien élève de l’École Nationale des Beaux-arts de Paris, il était sociétaire des Artistes Français qui exposaient au Grand Palais à Paris et officier d’instruction Publique.

Comme il est écrit dans la « Revue du Vrai et du Beau » du 25 avril 1923 : « Louis BILLIARD est doué d’une précision détaillée et expressive, d’une éloquence pittoresque et d’une sensibilité pénétrante. »

 

Daniel Lachaud

prince noir 7-1

prince noir 7-2prince noir 7-3

1 – Bénézet Emmanuel, écrivain d’art français ( 1854-1920), a publié le « dictionnaire des peintres, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays ». Il a donné son nom à un ouvrage qui est réédité et augmenté, depuis, régulièrement.