Bulletin 07 – La maison noble De La Mothe De Thouars, propriétaires, occupants et visiteurs

 

I – EN AQUITAINE DU TEMPS DES PLANTAGENETS

XIIIème siècle

Thouars 07-1En  1286, Édouard Ier, roi d’Angleterre et duc d’Aquitaine, décide de créer une bastide dans la forêt royale de Talence. Édouard (1239-1307), arrière petit-fils d’Henri II Plantagenêt et d’Aliénor d’Aquitaine, est l’arrière grand-père d’Édouard de Woodstock , dit le « Prince Noir ».
La construction dure du 10 février 1287 au mois de juin 1288. Pour diverses raisons, cette bastide, nommée Baa, périclite rapidement (I).

Il est possible que les derniers occupants se soient regroupés dans un village voisin qui portait le nom de Comau de la Forêt (II).

XIVème siècle

Dès le début du siècle, probable occupation de ce qui fut la « Maison du roi » de l’ancienne bastide. Il est supposé, de par  sa situation dans la forêt royale, qu’elle devint un relais de chasse comme le prétend une ancienne tradition rapportée par l’abbé Baurein (II).

Début du XVème siècle

1407 : Le 12 février, est rédigé sur le registre de la jurade de Bordeaux, la liste « deus senhors Frances qui eran au ceti de Borg » (des seigneurs Français qui sont dans la cité de Bordeaux), on y voit « lo besconte de Toartz, s( enhor) d’Anboysa » (Amboise) (III) Or ce «besconte» descend d’une illustre famille dont la vicomté a été créée, au IXème siècle, par les comtes du Poitou, ducs d’Aquitaine, ancêtres d’Henri II  (IV).

En 1137-38, Guy (ou Gui) de Verdeuilh, vicomte de Thouars, était vassal d’Aliénor d’Aquitaine (V). Il est donc fort possible que notre Thouars talençais doive son nom à un de ces vicomtes pictaves qui aurait reçu ce fief au XIVème siècle.

1412 : Le 11 avril, BERNARD DE LESPARRE « seigneur de La Barde et de Toars » amiral anglais, teste en faveur de son fils naturel et légitime, LANSELOT DE LESPARRE  (1). Nous sommes sous le règne du roi-duc Henri IV, fondateur de la dynastie des Lancastres. Le domaine de Toars cesse d’être une seigneurie et tombe en roture (2).

Fin du XVème siècle

Noble FRANÇOIS VACQUIER, citoyen de Bordeaux, est propriétaire (2).

Apparaît la famille d’Agès, connue à Bordeaux depuis le tout début du siècle (4). Elle est du parti gasco­-anglais. Bertrand d’Agès a participé à la « male joumade » du 1er novembre 1450, puis à la bataille de Castillon, le 17 juillet 1453. Fait prisonnier, il mourut peu après en captivité à La Rochelle. Les biens de la famille furent confisqués et remis à Jehan Bureau, trésorier de France, qui les céda à Louis XI. Celui-ci les restitua à la famille d’Agès en 1462, mais un long procès, qui les opposait aux Albret, dura 32 ans avant qu’ils puissent jouir à nouveau de leurs biens (8).

II – EN AQUITAINE DU TEMPS DES VALOIS ET DES BOURBONS

XVIème siècle

1505 : Le 24 juillet , anoblissement de la maison « La Mothe de Thouars » (3) qui se transforme en maison forte. Pierre II D’AGÈs (écrit Dagès), seigneur de Saint-Magne, panetier ordinaire du roi en 1501, devient seigneur de la maison de Thouars. Il est sous-maire de Bordeaux à plusieurs reprises (8).

Marié à Demoiselle Philippe de Saint-Gelais, il est vassal des « seigneurs jurats » de Bordeaux, auxquels il rend hommage.

1530 : Le 11 juillet, c’est THIBAUD D’AGÈS qui reçoit la reine ÉLÉONORE DE HABSBOURG, dite d’Autriche (1498-1558), seconde épouse de François 1er et les deux enfants du roi qui reviennent d’Espagne. La reine est la sœur aînée de Charles Quint (5).

1544 : Pierre II entreprend des travaux de construction sur ses terres de Thouars (9).

1551-1554 : Pierre D’AGÈs, seigneur de Saint-Magne, Thouars et La Motte Saint-Sulpice (6). (Possible confusion de dates).

Thouars 07-2

1553 : RENÉ D’AGÈS, seigneur de Thouars, « eschanson du roy » (7).

1556-1557 : Le fils aîné du seigneur de Thouars est poursuivi pour « crime d’hérésie » (il soutient la Religion réformée et permet de faire des prêches à Thouars). Mais ses relations lui permettent de rentrer en grâce (10).

1557 : RENÉ D’AGÈs succède, en tant que seigneur de Thouars, à PIERRE II (8).

1560 : Messire RENÉ D’AGÈS, est désigné chevalier, seigneur de La Mothe Saint-Sulpice et de Thouars.

1563 : Le 18 août, RENÉ D’AGÈS vend à Henry de Massip la maison noble de La Motte Saint-Sulpice, il s’ensuit un procès qui durera encore en 1611 (16).

1565 : du 3 au 9 avril, RENÉ D’AGÈs reçoit le jeune roi CHARLES IX, sa mère CATHERINE DE MÉDICIS, Monsieur d’Orléans son frère, Madame Marguerite sa sœur, à qui se sont joints le jeune roi HENRI III de Navarre et sa mère JEANNE n’ALBRET et leurs suites (11)«ce roi (Charles IX) alla disner et coucher à Thoartz, qui est un petit chasteau à une lieue de ladicte Ville (Bordeaux), auquel lieu le Roy séjourna six jours ... (17). Avant la Révolution, on pouvait toujours voir dans une chambre du château le lit dans lequel Charles IX coucha et dont les quenouilles étaient parsemées de fleurs de lys dorées.

Thouars 07-3

1572 : Le 16 avril, René d’Agès rédige son testament.

1573 : D’après un titre du 19 décembre, Demoiselle Catherine d’Agès était épouse de messire Gaston de La Touche, chevalier de l ‘ordre du roi, seigneur de La Faye  (12).

1575 : FRANÇOIS D’AGÈS fils aîné de RENÉ D’AGÈS est en procès suite à des poursuites pour créances. Ce n’est que le début d’une longue procédure qui durera plus d’un siècle, jusqu’en 1684 (12).

1587 : HENRI IV, roi de France, séjourne au château (38).

XVIIème siècle

1612 : Suite de la procédure : Inventaire des biens de FRANÇOIS D’AGÈS qu’il a délaissé dans sa maison noble (13). Il n’y habite donc plus. Mais… il réapparaîtra en 1634.

1623 : Suite de la procédure : La maison noble de Thouars est cédée à dame Anne d’Olive par adjudiction judiciellement faicte aux requestes du Palais du Parlement de Bordeaux (8).

1629 : Les héritiers de FRANÇOIS D’AGÈS persistent à se maintenir fermement à Thouars : « les sieurs d’Agès avaient fait une assemblée dans la maison de Thouars de 25 à 30 gentilshommes et de 50 à 60 soldats armés de pistolets, arquebuses et mousquets…  (8).

Suite à quoi, les jurats bordelais envoient des soldats occuper le château (14).

vers 1630 : ANNE D’AGÈS épouse JACQUES DE MONs (appelé Barbe-Jacques, né vers 1600 ?). Ils ont une fille, Hipolyte de Mons. La mère mourut jeune et sa fille ne lui survécut pas. Jacques de Mons est fils de Guillaume de Mons,  seigneur de La Caussade (Baurech)  et de Jeanne de Montaigne(18).

1634 : Le 14 septembre, FRANÇOIS D’AGÈS « baron et seigneur de Thouars » est parrain de François de Ruat que l’on baptise dans l’église Saint-Genès-de-Talence (15).

1634 : Un acte du 15 décembre nous apprend que la maison noble de Thouars est saisie et mise en criées par les créanciers des Agès. Jacques de Mons, usant des droits de sa femme en tant que cohéritière du domaine, exerce un droit de préemption (18).

1637 : Suite de la procédure : Un acte décide que le domaine reste indivis (8).

1638 : Le 20 octobre, baptême, toujours à Saint-Genès-de-Talence, d’ÉLÉONOR D’AGÈS, né au château de Thouars, qui deviendra « chevalier, seigneur baron de Saint-Magne, Thouars, Vibrac et autres places. » (15).

1654 : JACQUES DE MONS, après s’être marié avec une de ses servantes, Anne Pasquet, dont il avait eu quatre enfants dont trois filles, teste en faveur de son fils unique, POL-ALBERT DE MONS Conseiller du roi et époux de Jeanne de Pommiers.

1655 : Sur un acte du 29 juin, il est dit que JACQUES DE MONS, bien que ne possédant que deux neuvièmes de Thouars, se dit dès lors, « seigneur de Thouars » (18).

1657 : Le 27 juillet, Damoiselle MARGUERITE D’AGÈS épouse Antoine de Cazenove, écuyer, seigneur de Lérisson. Marguerite est une petite-fille de René d’Agès (15).

1684 : Suite de la procédure : ÉLÉONOR D’AGÈS gagne le procès et rend hommage pour la baronnie de Thouars (8). Mais le domaine semble morcelé depuis longtemps et Éléonor ne doit être que coseigneur de Thouars.

Ici se termine la présence de la famille d’Agès qui était à Thouars
depuis près deux siècles. Leur souvenir persistera longtemps
comme en témoigne le chemin conduisant au château
(actuelles rues Lamartine et Peydavant) qui, sur un plan de 1782,
porte encore le nom de cette famille. Mais en fait,
la lignée des Agès se continue par les femmes jusqu’en  1772 environ.

1691: Le 23 septembre, l’archiprêtre de Cemès, M. Henry Chapotel, visite cinq chapelles domestiques dont celle de M. le président Latresn (19).

1692 : Par acte du 22 mars, la seigneurie de Thouars devient (complète) propriété de Jacques de Mons (ou Demons), Conseiller du roi en la cour de Parlement de Bordeaux et Commissaire aux requêtes du Palais (8). Sa fortune est considérable (38).

XVIIIème siècle

1702 : Le 4 mars, est notifié le décès de JACQUES DE MONS dans sa maison de Bordeaux, sur les Fossés du Chapeau Rouge (actuel cours de ce nom) (21).

Lui succède son fils POL-ALBERT DE MONS (ou Albert-Paul), né à Thouars le 3 juillet 1616, probablement ondoyé et enregistré à la paroisse de Saint-Genès le 17 septembre 1637. Il s’est marié (avant 1648) avec Jeanne de Pommiers. Ont leur connaît six enfants, dont  :

JACQUES DE MONS, (né vers 1650 ?) qui devient seigneur de Thouars. Il épouse le 26 juin 1684, paroisse Saint-Mexant, Jeanne de Guyonnet. Comme son père, il est reçu Conseiller au Parlement et Commissaire aux  requêtes  le 23 août 1684. Sa femme était probablement la fille du sieur de Guyonnct, de la maison noble de Coudourne, voisine de Thouars (22).

Ils eurent deux filles, l’aînée mourut jeune et la cadette, MARIE DE MONS épousa MICHEL JEAN DE GOURGUES (18).

1705 : Nous avons la preuve qu’il y a toujours une chapelle à Thouars : le 28 novembre, un mariage est célébré « dans la chapelle de M. Demons (de Mons), au château de Thouars » (20).

1771 : Messire MICHEL JEAN DE GOURGUES (ou Michel Joseph), président au Parlement de Bordeaux, « achète » Thouars par contrat (8). Son épouse étant unique héritière, l’achète-t-il à elle ? Il semble que ce contrat n’a d’autre but que le lui permettre de vendre la seigneurie, car peu de temps après…

vers 1772 ? : MICHEL JEAN DE GOURGUES vend Thouars au président DE LALANNE (23).
Production viticole du domaine : Le fief de Thouars du président de Gourgues comprend, outre 65 hectares de taillis, 22 hectares de vignes capables de produire 50 tonneaux de vin dont le tiers de blanc (31).

Avec le départ de M. J. de Gourgues, ici se termine la lignée des Agès

 

1774 : Le 14 juillet, décès du président DE LALANNE. Son exécuteur testamentaire est le chevalier LÉONARD CASIMIR LE COMTE (22). Ce dernier, captal de La Tresne, baron de Calamiac, devient seigneur de la maison noble de Thouars et autres lieux. Il est de plus, maréchal des camps et années du roi, et demeure, en son hôtel, rue Porte-Dijeaux, à Bordeaux (23).

1777 : Le 12 juillet , LÉONARD CASIMIR LE COMTE rend hommage aux jurats de Bordeaux pour la seigneurie de Thouars qui s’étend sur les paroisses de Talence, Gradignan et Villenave-d’Ornon. La cérémonie se déroule suivant les prescriptions de l’acte d’anoblissement du 24 juillet 1505 (24).

1782 : Le 31 octobre, décès du « marquis » DE LA TRESNE (Léonard Casimir Le Comte). Son héritier, GUILLAUME-MARIE LE COMTE, « Chevalier de Malthe », reçoit « la tierce de la maison noble située dans les Graves de Bordeaux, appelée Thouars, paroisse de Talance » (25).

Il n’hérite donc que d’un tiers de la seigneurie. Mais, semble-t-il, l’héritier est couvert de dettes et, moins de sept ans plus tard, le domaine est acheté 50 000 livres (c’est assez peu) par M. Tarteiron à un M. de Galateau, probable créancier du chevalier.

Thouars 07-4Jean Tarteiron (Collection E Cruse)

1788 : Le 9 mai, le domaine de Thouars devient la propriété de M. JEAN-RENÉ TARTEYRON JEUNE (ou Tarteiron), qui se dit « de Saint­ Rémy ». Ce nouveau propriétaire est d’une famille de riches négociants protestants du Languedoc. Il est né en 1732 à Ganges, actuellement dans le département de l’Hérault. Il a épousé, en 1787, Suzanne Victoire Du Puy Montbrun d’Aubignac, elle-même protestante languedocienne.

Mais la Révolution est proche, M. Tarteyron n’a pas fait un bon choix en achetant cette noble maison qui  va  lui  valoir  beaucoup de soucis et lui coûter fort cher. Du fait des événements, il ne peut s’y installer qu’en 1791 (26). Entre temps, des paysans ont envahi le château, l’on pillé, brûlé des meubles dont le lit où avait couché Charles IX (27).

Avec l’arrivée de ce négociant protestant et la Révolution,
se termine la fin d’une époque pour le vieux château.

III – DE LA RÉVOLUTION À NOS JOURS

1791: JEAN-RENÉ TARTEYRON et son épouse, s’installent dans la maison de Thouars, leur « maison de campagne », leur domicile principal étant à Bordeaux, rue Courbin.

Le 19 novembre, le secrétaire de séance du Conseil municipal note :« Le citoyen Tarteyron a envoyé une grande caisse. Elle a été ouverte en la maison communale. Elle était pleine de papiers appartenant à Terrier (sic)papiers et autres de la maison ci-devant noble de Thouars et sur le champ, le Conseil général a arrêté que tous les dits papiers seraient à l’instant jetés aux flammes et brûlés (28)Ainsi périrent de précieux documents pour l’histoire de cette maison.

Le 21 septembre 1792 : Proclamation de la République française

 1793-1794 : Le 30 septembre 1793, en pleine Terreur (la seconde), Hippolyte Serissé, ministre de l’Église réformée célèbre le mariage de Jean Étienne Balguerie Junior avec Sophie Victoire Du Puy (ou Dupouy) Montbrun d’Aubignac de Nozières (dite Sophie Nozières sur l’acte d’État civil), sœur de l’épouse de Tarteyron. La cérémonie a lieu dans la chapelle du château (29). En novembre 1793, Tarteyron est arrêté comme «spéculateur», le 29, des scellés sont apposés à son domicile, il est libéré le 15 février 1794 (29).

XIXème siècle

1822 : Mort de Jean-René Tarteyron. Il est inhumé sur le domaine, Maurice Ferrus nous dit, en 1926, que « son tombeau a été respecté », (39) qu’est-il devenu ?

Thouars 07-5Sa veuve, SUZANNE VICTOIRE DU PUY MONT­-BRUN D’AUBIGNAC, hérite du domaine. Elle poursuit l’œuvre de restauration commencée par son époux : tours de la façade nord en 1835, clôtures. Le linteau du portail en fer forgé porte le T stylisé de Tarteyron.

1823 : Le 17 avril, LA DUCHESSE D’ANGOULÊME « est allée visiter le domaine de M. Tarteiron » dans l’après-midi (40).

1859 : Le 30 mars, décès de Madame Tarteyron. Sans enfant, elle a légué le domaine à son neveu, PIERRE JEAN CHARLES BALGUERIE et à son épouse JEANNE ÉLISABTH BURÈTE. Balguerie fait transformer le façade sud du château par l’architecte Charles Durand et redessiner le parc qu’il orne de statues. À la mort de son mari, Jeanne Élisabeth en devient seule propriétaire jusqu’à son décès en 1887.

1841-1874 : Production viticole : En 1841-1850, les vignes produisent 55 à 60 tonneaux de vin rouge et 40 tonneaux en 1874. Le vignoble  est indiqué  « À Bénédigues  »  en 1841 (30) lieu-dit situé sur la commune de Gradignan.

1866 : Les vestiges des deux tours sud sont encore visibles (33).

1887 : Sans enfant et devenue veuve, J. É. Burète avait adopté le vicomte Charles de Pelleport a qui elle avait légué le « Clos Burète », parcelle située à l’ouest de la route de Bayonne et devenue ensuite le domaine du Bijou. Quant au vicomte, il était devenu maire de Bordeaux en 1874. À cette exception près, le domaine de Thouars passe à son neveu WILLIAM LAWTON, fils de Jean Henry Lawton (1798-1828) et de Jeanne Henriette Balguerie (1802-1872), sœur de Jean Étienne. WILLIAM LAWTON (1824-1902) est marié depuis 1849 avec Charlotte Guestier (1831-1889).

1893-98 : Production viticole : « Château-de-Thouars » produit 20 tonneaux de vin rouge en 1893 et, en 1898, 12 tonneaux de vin rouge et 6 tonneaux de blanc (32). Il semble que la production disparaisse dès le début du XXème siècle, probablement victime du phylloxéra.

XXème siècle

1902 : À la mort de son père, ANNE FRANÇOISE MAGDELAINE HENIETTE LAWTON (1849-1914) hérite du domaine. Elle s’était mariée en 1869 avec le marquis FERNAND Du VIVIER DE FAY-SOLIGNAC (1844-903). Elle habite le château où elle décède le 1er juillet 1914 (34).

1914 : Leur fils, le marquis PHILIPPE IV Du VIVIER DE FAY-SOLIGNAC (1870-1929) devient propriétaire. Il est marié depuis 1895 avec ISABELLE OBERKAMPF. Le marquis est un habitué de l’hippodrome de Talence sur le domaine de Monadey (actuel CREPS), voici le portrait qu’en donne Jean Balde : « le marquis du Vivier, mince, corseté, le carreau à l’œil, beaucoup de branche, était lpoint de mire de toutes les lorgnettes. Sa raifaisait le tour de la tête. » (35).

1923 : Philippe Du Vivier vend le domaine à M. THOMAS VINCENT D’ORNELLAS. Les armes des Ornellas apparaissent sur un balcon de la façade nord, sur une verrière aujourd’hui disparue et la figure de leur Sirène figure sur le style du cadran solaire de la façade sud.

Les barons de Ornellas, anciennement de Dornelas, sont issus d’une ancienne famille portugaise (36).

1940-45 : Durant la guerre, le domaine est occupé par l’armée allemande. Un bunker, encore existant , est construit au nord-ouest du château.

1955 : Mlle DOLORÈs D’ORNELLAS, fille du précédent, vend le domaine à la Société civile immobilière de Thouars, représentée par M. Cazenave. Le domaine couvre une superficie de 110 hectares.

1957 : La VILLE DE TALENCE devient propriétaire du château et d’une partie du domaine comprenant 71 hectares. Le château devient un hospice de vieillards jusqu’en 1981.

1958 : Création du lotissement des Anciens Combattants sur 3,5 hectares bordant la route de Bayonne.

1987 : La tour nord-ouest est incendiée et réparée en 1989.

1991: Projet avorté de transformation du château en un « relais-hôtel européen ».

1998 : Restauration du château.

XXIème siècle

2001 : Inauguration des nouveaux aménagements. Installation de divers services municipaux. C’est au cours des travaux qu’a été retrouvée une cuve de sarcophage gallo-romain, apportée en ces lieux au XIXème siècle, elle est actuellement présentée au Musée d’Aquitaine (37).

2003 : La Ville de Talence reçoit « le prix départemental 2003.des Rubans du patrimoine » pour la restauration du château.

Alain CHAMP

Sources

Sources Abréviations
Archives Historiques de la Gironde AHG
Archives municipales de Bordeaux AM Bx
Archives municipale de Talence AM Tce
AM Tce, Délibérations du Conseil municipal DCM

Bibliographie

 BAUREIN (Abbé) – Variétés bordeloises...Bordeaux, 1784-86 VAB
BUTEL (Paul) – Les dynasties bordelaises, de Colbert à ChabanPerrin, Paris, 1991.
BUTEL (Paul) – Les dynasties marchandes bordelaises du XVIIIème au XIXème siècle.
Fédération française de généalogie, XIème Congrès, Bordeaux,1991.
COLLECTIF – Talence dans l’Histoire. Ville de Talence, FHSO, 2003. TDH
COYNE (Paul-Louis) – Deux siècles de présence au Parlement de Bordeaux, La famille  de Mons aux XVIIème et XVIIIème siècles. in : Généalogies du Sud-Ouest, Bulletin du Centre Généalogique du Sud-Ouest. N° 48, 1er semestre 2004. GSO
DES MOULINS (Charles) – Archives contenant l’inventaire de la maison noble de Thouars.
DROUYN (Léo) – La Guienne militaire Bordeaux, Paris, 1865. GMI
DUCOURNEAU – La Guienne monumentale. GUM
FÉRET (Charles Cocks et Édouard) – Bordeaux et ses vinsParis Bordeaux. BSV
FERRUS (Maurice) – Histoire de Talence. Péret, 1926. HDT
GAILLARD (A.) – La baronnie de Saint-Magne.
GROUPE DE RECHERCHES ARCHÉOLOGIQUES GIRONDINES – Talence à travers les siècles. TTS
GUILLON (Édouard) – Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde. 1866-69.
JOUAN (Abel) – Recueil et discours du voyage du Roi Charles IX .
JULIAN (Camille) – Histoire de Bordeaux depuis les origines jusqu’en  1895. Bx, 1895. HDB
MÉMOIRE ET PATRIMOINE DE TALENCE (Bulletin de l’association) MPT
MOURRE (Michel) – Dictionnaire d’histoire universelle. Bordas, 1981. DHU
REVUE HISTORIQUE DE BORDEAUX ET DU DÉPARTEMENT DE LA GIRONDE RHB
SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE DE BORDEAUX (Bulletin de la). SAB
TRABUC-CUSSAC (J.-P.) – Date, fondation et identification de la Bastide de Baa. in : RHB, t. X, N° 2, avril-juin  1961, p. 133. DFI

Notes

I – DFI ; TDH pp. 43 à 49.

II – VAB, II, pp. 300 et 327. Voir dans ce bulletin : La Hauresse, quel drôle de nom !

III – HDB, 281. Ce seigneur pourrait être Pierre II, seigneur d’Amboise, vicomte de Thouars (act. dans les Deux-Sèvres) et comte de Benon. Fils d’Ingerger I Le Grand, il est mort en 1422.

IV – DHU p.1230.

V – Mireille Calmel, Le lit d’Aliénor, XO Éditions, p. 133.

l – Testament du 11 avril 1412. AHG t. XXXIV p. 292, cité dans HDT p. 44.

2 –  AM Bx, D 4, acte du 24 juillet  1481, cité dans HDT, p. 44.

3 –  Acte constitutif de nobilité du 24 juillet  1505, AD 33, minutes de Jacques Devaux, 199-1, cité dans SAB IV, 1877, cité dans HDT p. 44.

4   –  VAB, t. II, p. 317.

5   –  AHG t. IV, pp. 157-160, cité dans HDT pp. 45-46 ; TDH pp. 47-48 ; J.-C. Drouin MPT n° 6, p. 18, portrait de la reine p 31.

6  –  GMI, p. LXXXVI. GUM, cité dans HDT p. 46 (possible confusion de date). La Mothe Saint-Sulpice est situé dans l’Entre-deux-Mers.

7   –  Arrêt du Parlement du 1er décembre 1553, AD 33, B, 68, portefeuille (Note de M.Michelot), cité dans HDT p. 46.

8    –   TTS, p. 8.

9 – AD 33, citées dans TTS, 8.

10 – Gaillard, t. I, p. 140 et AD 33, B, 104, (Note de M. Michelot), cité dans TDH, p. 46 et TTS, p. 8.

11 – VAB,  t. II, pp. 299 et 322 ; TDH pp. 46 à 48 ; TTS p. 8. L’année de 1565 correspond au nouveau style définit par l’article 39 de L’Édit de Roussillon de 1563 qui fit commencer l’année au ler janvier. Dans l’ancien style, l’année ne commençant qu’à Pâques, il s’agit de 1564, comme consigné dans le registre du Parlement (VAB t. II,p. 323 n. 1).

12 –  VAB t. II,p. 321; TDH p. 49 ;TTS, p. 8.

13 –  Léo Drouyn, notes manuscrites, cité dans HDT, 48.

14 – Notes communiquées par le comte Aurélien de Sarrau à Maurice Ferros, HDT 49.

15 – AM Registres paroissiaux. HDT, pp. 48, 49.

16- GMI, LXXXVI.

17 – Abel Jouan, cité dans VAB, t. II, p. 299.

18 – Paul-Louis Coyne, Bull. GSO n° 48.

19 – AD 33, G, 646, cité dans HDT, P. 125. Le chevalier Le Comte, captal de La Tresne ne deviendra propriétaire de Thouars qu’en 1774, de ce fait, soit il habite une autre demeure dans la paroisse, soit il est locataire de M. de Mons.

20 –  HDT, 50, sans citation de source, mais probablement le registre paroissial.

21 – AD 33, série G, Bénéficiers de Saint-Michel, p. 271, cité dans HDT, p. 50.

22 – VAB, t. II, p. 299 ; HDT, p. 70 ; TDH, p. 192. La chapelle date de 1544 TDH, p. 48.

23 – HDT, p. 50.

24 – AM Bx, D D,4, cité dans HDT, pp. 50 à 52.

25 – AHG, t. XLV, cité dans HDT, p. 52

26 – TDH, p. 200.

27 – HDT, p. 53.

28 –  AM Tce, DCM du 19/11/1793.

29 – AM Tce, État civil du 30/9/1793 ; HDT, p. 53 ; TDH, pp. 201-202.

30 – Le Producteur, 1841 ; Franck, Traité sur les vins du Médoc, 1845, p. 89 ; BSV : 1850 p. 172, 1868, p. 182, 1874, p. 210.

31 –  Pijassou, Vignobles et vins d’Aquitaine, Actes du XX°Congrès d’études régionales, 1967, FHSO, Bordeaux, 1970, p. 246 [10].

32 – BSV : 1893, p. 209 ; 1898, p. 276.

33 – HDT, p. 56.

34 – AM Tce, État civil

35 – J. Balde, La maison au bord du fleuve, Delmas, 1937, réédition L’Horizon chimérique, 1990, pp. 140-141. Mais cette flatteuse description doit plutôt concerner Gérard Du Vivier, fils de Philippe, le propriétaire de Thouars.

36 – Nobiliaire portugais et brésilien, tome 3 et article de P. Carayol dans ce bulletin .

37 – A. Champ, Petite histoire d’un sarcophage, MPT, bull. n° 3, 2002, p. 6.

38 – J.-C. Drouin, MPT bull. n° 6, 2006, p. 32.

39 – HDT, p. 55, note 67.

40 – Le quotidien Mémorial bordelais n° 3844 du 18 avril 1823.