Bulletin 06 – Editorial

En guise de fable des temps actuels…

 « Le mûrier et le pigeonnier » ou « heurs et malheurs de la défense du patrimoine »

Le mûrier tricentenaire du chemin de Leyssotte, sur le territoire de Villenave­ d’Ornon, situé très près des limites de Talence, était entretenu, chaque année, par les habitants d’une maison voisine qui avaient naturellement compris – on peut souvent faire confiance au bon sens et au bon goût des gens – l’intérêt de cet arbre vénérable, l’un des plus vieux arbres des alentours, témoin du passé, très vivace à en juger par les belles feuilles vert sombre et luisantes qu’il arborait du printemps à l’automne et tout à fait disposé à franchir quelques siècles de plus. Nous étions plusieurs à l’admirer. Il était bien connu de beaucoup de Talençais.

Las ! La CUB un jour décida de rénover, ce qui est une bonne et nécessaire décision, la partie villenavaise du chemin de Leyssotte, la partie talençaise l’ayant été il y a peu de temps. À partir de ce moment-là, on chercha un passage pour des câbles. Ne s’embarrassant pas de considérations esthétiques ou historiques, une entreprise décida subrepticement d’abattre cet arbre gênant. Un coup de pelle mécanique et hop ! le passage est dégagé, l’horizon aussi, les problèmes techniques résolus, le passé n’existe plus, vivons dans le présent sans nous encombrer de repères inutiles ! Est-ce qu’il va falloir faire des cours de rattrapage pour donner un minimum de sensibilité à tout le monde ? Je vais finir par regretter le quart d’heure de morale civique de l’école primaire d’autrefois. On y apprenait à respecter les gens et beaucoup de choses !

Tout n·est pas aussi triste, heureusement ! On commence à connaître Mémoire et Patrimoine et on sait que notre association essaie de faire un travail sérieux bien nécessaire. Récemment, j ‘ai eu le plaisir d’être appelé par la mairie pour aider à constituer une association pour la restauration du pigeonnier de Brana, bel exemple de pigeonnier – volière du passé, fait de pierres et de briques, dans le parc du château de Brana, rue Roustaing. J’ai accepté immédiatement cette proposition. Cette association durera juste le temps qu’il faudra pour recueillir des fonds et restaurer le pigeonnier que les enfants et les adultes pourront admirer quand le parc sera ouvert au public. Quand il sera restauré, nous organiserons une visite dont nos adhérents seront avertis.

Après cette restauration qui est la bienvenue, nous en avons d’autres à  proposer,  avant qu’il ne soit trop tard, comme, par exemple, la chapelle Roul, construite en 1849 par le propriétaire du château Monadey de l’époque, M. Roui, sur le territoire actuel dit du CREPS. Nous cherchons là aussi des fonds car le simple fait d’araser le haut des murs pour éviter l’érosion et la destruction des murs par la pluie et le gel, sur les conseils de M. Pérignon, ancien architecte des Bâtiments de France de notre région, coûte très cher.

En attendant, nous continuons à avoir l’œil aux aguets sur tout ce qui concerne le patrimoine.

Le Président

Bernard CAPDUPUY