Bulletin 06 – Au Grand Siècle, un riche parlementaire à Talence

Un livre important sur les magistrats du Parlement de Bordeaux au XVIIe siècle – le Grand Siècle – vient de paraître, publié par la Fédération Historique du Sud-Ouest (MSHA, Esplanade des Antilles, Domaine universitaire 33600). Son « auteure », Caroline Le Mao, maître de conférences d’histoire moderne à l’Université de Bordeaux 3, étudie en détail le niveau et le style de vie des magistrats bordelais. Le titre de cet ouvrage est éloquent : Les fortunes de Thémis.

 Parmi ces dizaines de personnages apparaît très souvent – il est cité 50 fois – Jacques de Mons. Ce parlementaire nous intéresse car il était propriétaire par héritage, dès le 22 mars 1692 de la maison noble de Thouars. Sans entrer dans les détails, relevons le tableau du patrimoine de ce conseiller au Parlement et commissaire aux requêtes du Palais.

Patrimoine urbain

  •  une maison à Bordeaux, rue Campaure (actuel cours du Chapeau-Rouge).
  • 6 ou 7 petites maisons

Patrimoine foncier rural

  •  grand vignoble à Vimeney et autres grands biens.
  • biens à Villeneuve, à « Touars », où il y a plus de 60 tonneaux de vin par an, valant au moins 60 000 livres.
  • une métairie à Langon  et  sa  maison, 20 000 livres.
  • deux grands biens à Canquon (Cancon), près de Villeneuve d’Agen (Villeneuve­ sur-Lot), 20 000 livres.
  • une maison à « Camiran  »,  près  de La Réole, vendue 53 000 livres.
  • une maison de plaisance « là où il y a un beau château et de grandes appartenances « à la Castaigne » (La Castagne), sur le chemin de Bègles », plus de 40 000 livres.
  • son fils a gagné un grand procès au Parlement de Bordeaux pour les biens d’Angludet en  Médoc,  paroisse  d’Issan, 40 000 livres (d’après l’abbé Royer, la vigne entourant la chapelle de Rama, à Talence, aurait appartenue à la famille de Mons qui l’aurait vendue à M. de Lartigue en 1701. – AD 49  et  «  La  Retrouve  » p. 82).

Offices

  •  Vente de l’office de conseiller en la cour et de président aux requêtes de son père 87 000 livres.
  • L’office vendu  à de La Chabanne, 53 000 livres.
  • Son propre office.

Il faut ajouter diverses rentes, obligations et liquidités dont 32 000 livres de dot de sa première épouse.

Jacques de Mons était un « petit marquis de Carabas » possédant des propriétés dans toute la Guyenne. « Touars », aujourd’hui Thouars, était une des perles dans sa fortune immobilière entre le Médoc et l’Agenais.

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Un TER d’histoire (inédit) a été consacré aux Mons par Marie Louise Boulet en 2004 (Institut d’histoire, Bordeaux 3) : Entre le Médoc et le Palais de l Ombrière, les de Mons, une véritable dynastie de la noblesse de robe (1600-1895), TER dactylographié.