Bulletin 02 – Château de Bonnefont

LE CHÂTEAU BONNEFONT
(Laboratoires de Géologie)

Situé à l’entrée de l’université, cours de la Libération, le château déploie sa longue façade sur une petite colline. En 1805, Jean Etienne Balguerie devient propriétaire du domaine Bonnefont, il demande alors à Armand Corcelles de construire le château et d’aménager les jardins, un des rares exemples, de style Empire en Gironde. Bien plus tard cet architecte réputé, sera l’auteur du temple des Chartrons à Bordeaux, considéré en 1830 comme la plus grande des réussites architecturales de Bordeaux, pour la pureté et la rigueur de ses proportions.

bonnefont 1

A Talence le château s’entoure de magnifiques jardins qui tentent de rivaliser avec le domaine Peixotto voisin, qui comptait à la fin du XVIIIème parmi les plus jardins de Bordeaux et de sa campagne. Dans cette étroite vallée coule en aval le ruisseau d’Ars appelé ruisseau des Malerettes dans la zone qui nous concerne, et en amont dans Pessac le Serpent, constituant l’attrait principal des parcs de ce site et en particulier de Bonnefont où il alimentait une pièce d’eau. Un petit barrage se trouvait à la limite de ces propriétés.

Bonnefont 2Jean Etienne Balguerie, dit Balguerie junior appartenait à une vieille famille protestante fixée à Bordeaux au XVIIIème siècle. A vingt trois ans, il navigue comme capitaine au long cours sous caution de différents armateurs bordelais, parmi ses voyages les plus importants, son périple des années 1783-1785 est resté dans les annales : sur l’Hippopotame, qu’il pilote, il rallie la mer de Chine. A partir de 1787, il ouvre une maison de commerce, et en 1789 s’associe avec un de ses anciens armateurs.

De 1797 à 1813, il met en mer plusieurs frégates et navires dont le Bordelais, un bateau corsaire.

La révolution puis le blocus avec l’Angleterre sou l’Empire n’entamèrent en rien sa détermination,  à un moment où bien des fortunes maritimes succombent faute de pouvoir commercer librement. C’est une période de déclin pour l’activité du port qui  ne s’en  relèvera jamais complètement.

 

Ludovic Bonnardet