Bulletin 01 – Un Maire : François Roul

Sous la Monarchie de Juillet, Talence ne connut qu’un seul maire : François Roui. Né à Erblay, en Loire Inférieure, on ignore l’origine de sa fortune mais il appartient à la génération de ceux qui firent fortune comme fournisseurs aux armées impériales. Il possède le Château Monadey et le village du Grand Coumeau. Dans les états des conseils municipaux, il se déclare propriétaire, négociant et rentier mais il apparaît, à la vue d’un rapport préfectoral en date de 1824, qu’il était à l’origine un « simple » commis de moulage.

Roui est un monarchiste mais il se refuse à tomber dans l’esprit traditionaliste. Conservateur, il est préoccupé par le maintien de l’ordre. Il fut fait chevalier de l’Ordre Royal et de la Légion d’Honneur.

Sa carrière politique municipale fut très longue. En effet, il prend pour la première fois ses fonctions de Premier magistrat le 22 avril 1825 sous la Restauration, soit moins d’un an après sa première élection en tant que conseiller municipal (décembre 1824). Il ne les quitta plus jusqu’au 28 mars 1848.

Il s’illustra, en particulier, par sa volonté d’obtenir pour Talence des avantages semblables à ceux qui étaient accordés à la ville de Bordeaux. Ainsi le vit-on réclamer l’équité de traitement entre les deux villes au sujet du rattrapage des impôts directs réclamé par l’Etat après la période révolutionnaire. Il s’engagea aussi dans le débat causé par l’état de l’église de Talence et donc sur les solutions qui devaient y être apportées. Soucieux des finances de la municipalité , il se déclara partisan d’une restauration plutôt que d’une reconstruction, ce qui provoqua de vifs affrontements au sein même du conseil municipal.

Devenu député, ses conseillers se plaignent de ses absences mais il n’en oublie pas pour autant ses administrés : il obtient des subventions, la nomination d’un instituteur plus compétent…

L’avènement de la Seconde République fut fatal à sa carrière (il fut révoqué). Mais, lors des élections municipales de 1852 au début du Second Empire, il est réélu et demeure conseiller municipal jusqu’en 1855.

Il meurt le 26 septembre 1864. Sa famille ne reste pas à Talence : sa veuve vend le château et sa fille quitte la commune pour la Saintonge.

Jean-Claude DROUIN