Bulletin 01 – Paul-Louis Courier

Paul Louis CourierPamphlétaire libéral, Paul-Louis Courier est né à Paris le 4 janvier 1772. Il fut élevé dans l’amour des études grecques et latines par son père, un Champenois, qui avait acheté une terre en Touraine, à Cinq Mars. Après des études à Paris, il fut admis en 1791 à l’école d’artillerie à Châlons et servit dans l’armée jusqu’en 1812, date à laquelle il quitta l’armée avec le grade de chef d’escadron. Sa carrière fut fertile en incidents provoqués par son humeur et par son indiscipline. Il consacrait les loisirs de la vie militaire à composer des lettres, à traduire et à commenter des ouvrages grecs.

Il se rendit célèbre par une Lettre à M. Renouard, libraire (1810) où il se défendit d’être l’auteur d’une « horrible tache » qu’il aurait faite à la bibliothèque San­ Lorenzo de Florence sur un manuscrit ancien de Langus, Daphnis et Chloé. En outre, il attaquait de façon furieuse celui qui avait écrit une brochure contre lui, le bibliothécaire Francesco del Furia.

A Paris, il publia en 1813 le traité de Xenophon « Du commandement de la cavalerie et de l’équitation », traduit par un officier d’artillerie à cheval.

En 1814, il revint sur les lieux de son enfance et publia le 18 novembre 1916 une « Pétition aux deux Chambres » le premier de ses libellés politiques qui firent sa réputation de « libéral » pendant de longues années. Anticlérical, antiroyaliste, ce « paysan qui sait le grec et le français » se rendit célèbre dans les milieux d’opposition à Louis XVIII et à l’Eglise catholique. Il écrit le Simple discours de Paal Louis contre le projet d’acheter par souscription nationale pour l’offrir au duc de Bordeaux, le domaine de Chambord (1821). Il écrit des pamphlets, caricature les persécuteurs du libéralisme d’un fait
mordant où il y a encore du Voltaire et déjà du Daumier.

Le 10 avril 1825, il est assassiné par ses domestiques dans un bois, près de sa ferme de La Chavonnière, à Vesetz. Sa femme, fille de l’helléniste Clavier, fut impliquée dans cette affaire qui garde encore des aspects mystérieux. Ses œuvres complètes furent publiées dans La Pléiade en 1940.

Son action, conjuguée à celle de Benjamin Constant et du chansonnier Béranger, contribua à saper les bases de la monarchie de Louis XVIII et de Charles X et prépara dans l’opinion les journées révolutionnaires de juillet 1830.

Jean-Claude DROUIN