Bulletin 01 – Les grands établissements industriels – Olibet

olibet 1Autour du Second Empire Honoré-Jean Olibet dirige une grosse boulangerie à Bordeaux, dans le quartier Saint-Pierre, dans les années 1830.

Il a alors l’idée de fabriquer des biscuits secs. En 1835, il envoie son fils Eugène Olibet en Angleterre pour y étudier les techniques britanniques de fabrication. Le père et le fils fondent ensuite un atelier de biscuiterie à Bordeaux même, en 1840 ou en 1848, rue du Pas-Saint-Georges. Leur intention est d’imiter les techniques britanniques. La présence du marché potentiel de la marine peut contribuer à expliquer cette fondation. Cette percée symbolise la cristallisation d’une première forme d’industrialisation agro-alimentaire, tout comme dans la conserverie ou le raffinage du sucre (cf. Abribat, Rôdel, Louit). Des marchés s’ouvrent avec la percée du petit commerce,  de la marine, de l’armée, de l’urbanisation .

Olibet a également l’idée d’industrialiser ses fabrications et de lancer une unité de fabrication de biscuits en continu, en 1860, avant d’appliquer à son usine girondine la technique du biscuit à l’anglaise : la date de 1872 aurait marqué cette nouvelle étape dans l’affirmation de l’esprit d’entreprise de ce patron. Une marque est lancée, Olibet, désormais vendue dans les circuits multiples de la distribution (épiceries, chaînes de magasins succursalistes), tandis que la Demi-Lune devient le produit phare et la spécialité de la gamme Olibet.

olibet 2Le succès couronne ces initiatives puisque la société obtient ses premières médailles dans les concours internationaux de Liverpool en 1886, du Havre et de Toulouse en 1887, et de Paris en 1889. Le successeur d’Olibet est Emile Augier, qui devient le directeur ; ce Lyonnais s’installe à Bordeaux au tout début du XXème siècle. Grâce à lui, la firme Olibet grossit fortement, avec des usines à Talence, dans la banlieue bordelaise, à Suresnes, près de Paris, et près de Saint-Sébastien en Espagne.
Au début des années 1960, la firme Olibet regroupe près de 320 salariés dans son établissement de Talence, avec 7 500 tonnes de biscuits chaque année : c’est alors la septième biscuiterie française. Après des difficultés au milieu des années 1950, elle prend le contrôle de consœurs à Dijon et à Nancy et semble pouvoir affronter les nouvelles formes du marché et de la concurrence, avec presque 500 salariés en 1973. Mais d’énormes difficultés financières l’asphyxient et, après une crise de deux ans, elle doit disparaître en 1977. Seule la marque subsiste aujourd’hui, reprise par une firme de Dordogne …

Hubert BONIN